19.09.2011

Le blog est transféré!!!

Depuis octobre 2008, merci à tous les lecteurs.

Nouvelle addresse du Blog, ICI

14.06.2011

Et pendant ce temps,….ça chauffe !

 

ça chauffe.jpgEt pendant ce temps,….ça chauffe !

Les nouvelles se suivent et se ressemblent dans une apathie assez significative. Des inondations inédites en Australie et en Chine, des tornades meurtrières aux Etats-Unis qui battent tous les records, le Sri Lanka, le Brésil, L’Afrique du Sud en proie à leurs propres déluges. Dans le même temps, La Chine connaît sa plus grave sécheresse depuis 200 ans, le cours du blé est au plus haut et les dirigeants on t des sueurs froides. Le 12ème plan quinquennal place les problèmes de l’environnement à un niveau de « sécurité nationale », on prévoit 30 millions de réfugiés environnementaux internes à court terme.

Ces informations passent comme si leur démesure tétanisait notre esprit critique.

Copenhague fut donc plus qu’un échec, une catastrophe. Depuis, personne n’ose aborder le sujet du réchauffement climatique, grand absent des débats présidentiels, comme si nous avions d’ores et déjà abdiqué face à la complexité.

Et pendant ce temps, ça chauffe. Le GIEC, largement échaudé par l’expérience de son ingérence dans les affaires politiques continuent sont travail, moins bruyamment, sans communication excessive, comme si le Groupe s’était résigné à ne pas voir leurs recommandations traduites en actions concrètes. 2010 fut un nouveau record d’émission de CO2. L' objectif de limitation d’une augmentation de 2° d’ici 2100 devient une vue de l’esprit au regard des dynamiques actuelles. L’organisation s’est toujours refusée à envisager les hypothèses dites « du chaos » (+ de 6° d’augmentation), au rythme actuel on s’en approche pourtant (+4° si la tendance confirme un « business as usual », Catherine Jeandel, CNRS).

Si le silence est désormais de mise, le retour du boomerang n’en sera que plus violent. Le catastrophisme et la culpabilité ne sont pas des méthodes pour convaincre dit-on… Le silence, voire le déni, ne sont apparemment pas plus efficaces. Notre ami pourfendeur de pachydermes, estime qu’il n’y a pas d’urgence à se préoccuper de phénomènes dont les conséquences interviendront dans un siècle. Les conséquences se font pourtant sentir dès aujourd’hui. Un simple regard sur l’état du monde devrait nous en convaincre.

18.03.2011

La nouvelle jeunesse des 14 points de Wilson

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Quand Benghazi espère, c’est Lhassa qui respire

L’ONU a donc adopté une résolution contre la Libye. A l’occasion de ce vote, la Chine s’est abstenue. Cela constitue une première et une véritable avancée dans l’implication du pays au sein de la communauté internationale.

En acceptant le principe d’une intervention, même limitée, la Chine revient sur son dogme de la non ingérence qui consiste à ne pas se mêler des affaires d’autrui pour qu’autrui n’intervienne pas sur sa propre souveraineté. Le statut de grande puissance mondiale exige un engagement dans les équilibres du monde et une prise de responsabilité collective dans la gestion des conflits. C’est une conception nouvelle de son rôle que Pékin appréhende crise après crise.

Le monde regarde Benghazi et à pris la responsabilité de venir à son secours. La Chine s’est investie dans cette disposition avec toutes les conséquences que cela impliquent sur sa propre politique intérieure. Le vote de cette nuit rend désormais plus improbable l’hypothèse d’une reprise en main violente du territoire Tibétain. Si Pékin se préoccupe de Benghazi, Pékin accepte de fait que le monde regarde Lhassa.

Pékin avalise de fait certains principes du droit international et de l’universalisme d’une communauté de destin. Lorsque la diplomatie prend le pas sur les armes et sur la répression, c’est le monde qui se porte mieux. Tant mieux. Les Quatorze points de Wilson vivent à cette occasion une nouvelle jeunesse. 

16.03.2011

La Chine censure l’expression « fuite nucléaire » sur Internet

censure.jpgLa nature de l’information dissimulée aux citoyens chinois est hors norme. C'est sûr ça va "fuiter" et il sera alors difficile pour le parti de "sauver la face".

Face à l'envergure de la dissimulation, il se pourrait qu’il s’agisse là de la censure de trop.

Tout n'est pas perdu.

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Petite leçon de cynisme. /2

Chronique éco, France Info le 15/03/2011,.

« L’action Michelin constitue une belle opportunité face aux difficultés prévisibles de son concurrent Bridgestone ».

Malgré quelques précautions verbales introductives, le contenu de la chronique était destiné à identifier les opportunités de marché issues du désastre nippon… tout n’est pas perdu !

14.03.2011

Cadrage de débat!

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Nucléaire, les termes du débat.

Comme prévu, Fukushima pose à nouveau les termes d’un débat sur le nucléaire. La fragilisation de la filière est évidente. Et comme souvent, nous commettons l’erreur de recentrer ce débat sur un périmètre franco-français assez stérile.

La question n’est pas la place du nucléaire en France mais dans le monde. L’enjeu réel porte sur l’Inde, la Chine, l’Ouest américain, les Balkans…En bref, toutes ces régions que nous prospectons commercialement et qui comportent des menaces sismiques réelles.

La philosophie qui doit guider ce débat ne réside pas non plus dans la définition d’un point d’équilibre entre risques et bénéfices, entre besoin d’énergie et émission de CO2, etc. Les comparaisons que l’on peut entendre ça et là avec la découverte du feu sont aussi puériles que sans fondement. La réflexion à mener porte d’avantage sur notre relation à la technologie. L’angoisse de Fukushima porte autant sur la catastrophe à venir que sur notre impuissance à maîtriser nos innovations, ces créatures qui nous échappent.

Enfin, la responsabilité des états et des parties prenantes de la filière nucléaire doit être mise en lumière. Gandhi l’expliquait, « il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l’homme, il n’y aura jamais assez pour assouvir son avidité ». Il y a fort à parier que si nous avions eu l’opportunité de vendre une centrale nucléaire à Haïti, nous l’aurions fait.

12.03.2011

12 mars 2011,15h36 Fukushima

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Fukushima, pour qui sonne le glas.

Ainsi c’est donc arrivé. L’épée de Damoclès dressée au dessus de l’industrie nucléaire s’est abattue avec l’ironie cruelle de choisir le seul pays déjà victime de l’atome militaire. A l’heure où s’écrit cet éditorial, le gouvernement Nippon assure que les niveaux de radiations restent sous contrôle. Qui peut le croire ? Une fois n’est pas coutume, André-Claude Lacoste, Président de l'Autorité de Sûreté Nucléaire évoque à demi-mot de larges retombées et cite même la France. Le nuage de Tchernobyl a bien fait plusieurs fois le tour de la terre. 

Les anti-nucléaires auront beau jeu de rappeler qu’ils avaient largement mis en garde contre l’irrémédiable et ils n’auront pas tort. Nous assistons en direct à un désastre humain et environnemental majeur. Si l’explosion du réacteur de Fukushima se confirme, la filière aura bien du mal à se maintenir. Les drames environnementaux sont souvent méprisés dans les pays pauvres, mais pas au Japon et pas en direct à la télévision.

Un vaste mouvement, issu du débat sur le changement climatique a replacé l’énergie nucléaire au cœur des stratégies souveraines. Il s’agit paradoxalement d’un modèle dépassé, datant d’une époque où la foi dans le progrès technique dépassait toute autre considération. C’est cette même foi qui a conduit les opinions publiques à ne pas s’alarmer de la question des déchets. Le nucléaire est également une énergie coûteuse si l’on considère le montant des subventions directes et indirectes qui lui sont consacrées et si l’on intègre les provisions nécessaires au démantèlement des anciennes unités. Enfin, l’indépendance énergétique que propose cette industrie est une vue de l’esprit comme pourraient tristement en témoigner les otages de l’AQMI. Le Japon avait pleinement misé sur le nucléaire, dans quel état d’esprit se trouvera le pays demain ? Fukushima pourrait sonner le glas de ce qu’Anne Lauvergeon présentait comme la révolution énergétique du XXIème siècle.

Dans le même temps, le Samedi 5 mars 2011 a été publié en France le texte qui "enterre définitivement les derniers espoirs d’une filière employant 25000 personnes en France, le photovoltaïque"(.http://lundimidi.canalblog.com/)

07.03.2011

Blackmail!

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Libye, ça se complique. 

«Si les Européens ne nous viennent pas en aide, la Libye pourrait bien devenir une Somalie de la Méditerranée», Seif Al-Islam (6/03/2011). 

Mouammar Kadhafi est un dictateur paranoïaque et mégalomane, certes. Mais cela ne l’empêche pas d’être intelligent et de savoir appuyer là où ça fait mal.

Lorsqu’il menace l’Europe d’une nouvelle Somalie en Méditerranée et d’un flot de réfugiés incontrôlable, il sait qu’il développe dans nos sociétés une sourde angoisse. Cet argument est d’autant plus percutant qu’il n’est pas dénué de fondement.

Tripoli et la côte Libyenne est un peu le Sangatte de la Méditerranée. En décembre 2010, on estimait à près de deux millions le nombre de migrants transitant chaque année sur le territoire du « Roi des Rois » de l’Afrique selon France Terre d'Asile.

L’opposition Libyenne par ailleurs n’a pas grand-chose à voir avec ses voisines Tunisienne et Egyptienne. Peu d’intellectuels, peu de cadres et de leaders susceptibles de canaliser la colère des foules pour la transformer positivement. La Libye est une société clanique et l’unité territoriale de l’état n’est qu’une façade. Une société morcelée où le « livre vert » a de fait avalisé constitutionnellement ce patchwork d’ethnies. La guerre civile qui s’installe pourrait bien porter des chefs de guerres en lieu et place de démocrates éclairés. Le spectre Somalien n’est pas qu’une vue de l’esprit.

Il faut bien sûr contribuer à faire partir ce « guide » qui manie à merveille le chantage humanitaire et pétrolier, exploite la peur et pose le chaos en ultimatum. Pour autant, les diplomaties qui ne peuvent prévoir le réveil des peuples doivent s’y préparer pour déployer des plans B.

Le soutien du Quai d’Orsay au Conseil national libyen est de bon augure. Un geste proactif qui pourrait honorer une diplomatie en déshérence. La France a donc, la première, officiellement reconnu cet embryon de gouvernement. Mais composé de quelques avocats, médecins et responsables économiques, il faudra plus qu’un simple soutien pour qu’il résiste aux tempêtes à venir.

17.02.2011

Le grand incendie

Le-grand-incendie-de-Londres.jpgVaincre la peur pour ouvrir l’avenir

Ce n’est pas un séisme, c’est un tsunami, un incendie où les dictateurs tout puissants d’hier affrontent les multiples foyers avec un sceau d’eau percé.

Le printemps du monde arabe,

La plupart des pays anciennement colonisés ont conquit leur indépendance au lendemain de la deuxième guerre mondiale, pas leur liberté.  Les peuples aujourd’hui reprennent le cours de l’universalisme et de leur droit à disposer d’eux-mêmes. La chute des dictateurs est aussi la queue de la comète du XXème siècle et de l’implosion de l’URSS. Les pouvoirs en place portaient leur légitimité des luttes d’indépendance, puis d’un équilibre entre les blocs Est et Ouest pour enfin la remplacer par une lutte contre les fondamentalismes. Ankylosés par quelques décennies d’exercice du pouvoir, par une corruption inhérente à cette longétivité, les dictateurs n’ont pas vu le monde changer. L’Occident pas d’avantage. Notre classe politique, déjà en exercice lors de l’avènement de Moubarak et orpheline de ses repères diplomatiques a de quoi méditer.

Le grand incendie 

C’est bel et bien un vent de liberté qui souffle en Méditerranée. Et cette rupture est irréversible. Si le peuple ne veut plus de la chape de plomb des généraux, ils ne voudront pas d’avantage d’une théocratie portant la burqa en projet de société ou de la lapidation comme exercice judiciaire. Mahmoud Ahmadinejad, dont le régime est en sursis depuis 2009 fait semblant de ne pas le comprendre. C’est une révolution des peuples, sans leaders, sans projets alternatifs ni Khomeiny de réserve. Même Kadhafi l’éternel perd de sa superbe et Bachar el-Assad, fidèle représentant des « fils de » se fait des cheveux gris. L’argument géopolitique ne justifiera plus des privations de libertés fondamentales et le maintient de privilèges  éhontés.

Où s’arrêtera cette tornade. La Chine dit « observer attentivement » la situation au Proche Orient. Elle a fait à cette occasion son premier faux pas d’importance en soutenant jusqu’au bout le frère Hosni. Dans son soutien, on a pu deviner qu’elle continuait à défendre sa doctrine qui veut que l’ordre se paye au prix du sang. Mais la place Tahrir n’a pas sombré et la stratégie de Tien-an-men a échoué. Avec son nouveau statut de grande puissance, l’erreur diplomatique n’est plus permise et Pékin est fragilisé. Si la Chine reste la dernière autorité à maîtriser autant que faire ce peut la toile des réseaux sociaux, la clameur du Caire pourrait bien franchir la grande muraille.

L’histoire est longue à s’écrire et la Méditerranée n’est pas le Golfe Persique où l’Or Noir reste une damnation. Mais c’est peut être un nouveau siècle des lumières qui s’ouvre. Les peuples ont dit « Assez ! » et c’est déjà beaucoup.

Le printemps arabe nous rappelle qu’aucune statue n’est indéboulonnable, qu’aucun pouvoir ne dure contre la volonté des peuples et que lorsque la peur est vaincue, l’avenir peut s’ouvrir.

Sic

apprenti sorcier.jpgDepuis 1995, la Chine s'est dotée d'un "Bureau de modification du climat". L'Etat peut tout!

04.02.2011

Le syndrôme du Titanic

 

balance.jpgEquilibres,

Plus d'un milliard le nombre de personnes souffrent de sous-alimentation dans le monde

Plus d'un demi-milliard de personnes sont obèses, un adulte sur dix.

02.02.2011

Le pari Bushien, et si c’était vrai ?

George-W.Bush_pics_500.jpg

Georges W Bush a terminé son deuxième mandat sous l’opprobre général, critiqué pour sa doctrine du choc des civilisations et de la lutte du bien contre le mal.

Bien sûr, cette critique est largement justifiée et son action a provoqué des centaines de milliers de morts en Irak, en Afghanistan, sans commune mesure avec le traumatisme du 11 septembre.

Pourtant, les bouleversements actuels du monde arabe ne lui offrent-t-ils pas une étonnante réhabilitation ? Cette affirmation ne manquerait pas de susciter de nombreuses critiques, les émotions sont vives et le basculement politique du monde arabe, aussi soudain qu’inattendu, brouille le recul nécessaire à l’analyse.

N’abordons pas ici les intérêts énergétiques et stratégiques de l’intervention américaine en Irak. Oublions également les arguments fallacieux et mensongers de l’existence d’armes de destructions massives. Mais rappelons la mission que s’était attribuée G.W. Bush : « Implanter la démocratie en Tyrannie », par la force s’il le faut. Le pari Bushien était celui d’une contagion démocratique de l’ensemble des pays musulmans. Après avoir soutenu des régimes dictatoriaux, l’administration conservatrice américaine partait du principe que seule la démocratisation de la région garantissait les intérêts américains : « Tant que cette région sera en proie à la tyrannie, au désespoir et à la colère, elle engendrera des hommes et des mouvements qui menacent la sécurité des Américains et de leur alliés.» 4 février  2004. C’est le projet de « la révolution démocratique mondiale » et la volonté de l'Administration américaine « de rompre avec des décennies d'accommodement avec les dictatures de la région au nom de la stabilité » (2005).

L’Irak a connu des heures sombres et des souffrances considérables. Mais l’Irakien aujourd’hui vote. Il faut souligner ici le courage de ce peuple qui se rend massivement aux urnes malgré les risques vitaux que cette démarche entraine. L’Afghanistan est en proie à une corruption massive, mais l’Afghan vote. Si les résultats sont généralement faussés par des fraudes d’ampleur, le spectacle des longues files d’attente aux bureaux de vote est tout de même saisissant.

Ces deux précédents ont-ils eu une influence sur le comportement des masses Tunisiennes et Egyptiennes ? Et que donneront au final ces révolutions ?  Est-il possible que G.W. Bush voit son rêve de la contagion démocratique devenir réalité ? L’histoire est toujours longue à s’écrire et ses soubresauts sont imprévisibles. Mais si le pari Bushien se réalise, il faudra bien lui reconnaître une vision prémonitoire et une bonne longueur d’avance sur Michèle Alliot Marie.

25.01.2011

Petite leçon de cynisme...

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Petite leçon de cynisme…

Les matières premières font la joie des investisseurs avec une volatilité porteuse des meilleurs espoirs de spéculation.

L’année 2010 fut à ce titre exemplaire. Le riz, le coton (+127% en un an), le blé (+66%), le soja (+47%), le caoutchouc (+86%) ont fait l’objet de toutes les attentions. Ces hausses spectaculaires ayant eu lieu depuis le mois d’août, que s’est-t-il passé ?

Le Pakistan et l’Inde on connu des inondations majeures qui ont détruit les récoltes de coton. La Russie et l’Ukraine ont subi des sécheresses inédites ravageant leur production céréalière et les phénomènes météorologiques de la Nina ont provoqué des pluies catastrophiques en Indonésie et en Amérique Latine mettant à mal les collectes du Latex, raréfiant également les récoltes de riz et de soja.

Les experts « stars de la finance » peuvent décrocher de leurs écrans d'ordinateurs. Levons les yeux au ciel et observons pour entrevoir de mirifiques rentabilités.

En ce moment, la Chine a décrété l’état d’urgence pour un état de sécheresse inédit depuis plus d’un siècle dans l’Est du pays. Idem pour la Réunion qui manque de précipitations depuis maintenant plusieurs mois. Les inondations en Australie couvrent une superficie correspondant à la France et à l’Allemagne réunies.

Il n’y aurait donc plus qu’à attendre, le Blé, la Canne à Sucre et le Charbon de Coke sont à recommander à nos gestionnaires de portefeuille. A vos écrans, investissez!

20.01.2011

Tunisie, et maintenant?

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Pour une vraie révolution du jasmin

Personne n’a anticipé l’ampleur, la rapidité et les conséquences de la révolte Tunisienne. Ni l’Europe, ni les pays du Maghreb, ni les Tunisiens eux-mêmes. Alors comment comprendre que cette révolution, guidée par une aspiration à la liberté, ne procure pas les mêmes émotions et joies collectives que la chute du mur de Berlin ?

Probablement parce que l’histoire nous a appris que les grandes révolutions pour la liberté pouvaient être bâillonnées par quelques forces obscures. La révolution française et la terreur, la révolution iranienne et l’intégrisme…  Nous ressentons dans les mouvements actuels cette inquiétude sourde et diffuse que la partie est loin d’être gagnée. Aucun pays arabe n’a réussi à ce jour cette transition démocratique et ce serait là le fait majeur d’une véritable révolution du jasmin.

Le récit de l’histoire nous apprend aujourd’hui que ce n’est pas forcément et uniquement le peuple qui aurait fait fuir Ben Ali. Les injonctions de son armée ne lui ont pas laissé le choix. Selon Antoine Sfeir, les américains qui eux n’ont pas semblé être pris de court, ne seraient pas étrangers à cette initiative. Si nous ne pouvons qu’être heureux pour le peuple Tunisien, il faut souhaiter que nos amis Outre-Atlantique n’aient pas renoué avec leurs traditions d’apprentis sorciers.

Personne aujourd’hui ne regrette la chute de Ben Ali. Espérons et œuvrons pour que personne ne la regrette demain.

17.12.2010

XXI siècle, prêts?

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Mal barré !

La fin d’année est propice au bilan et à la rétrospective. L’année 2010 confirme une perte du sens commun.

En avril, une éruption moyenne cloue l’aviation européenne au sol, principe de précaution oblige. Durant quelques jours, les capitales européennes redécouvrent un ciel dégagé de trainées de condensation et étonnamment silencieux. Excès de précaution ? Ni une ni deux, les compagnies aériennes réclament aux états et à Bruxelles les compensations à l’inacceptable perte de quelques millions d’euros.

Une vague légèrement plus haute que les autres a mis en émoi les plagistes de la côte d’azur, qui réclament de fait une classification en catastrophe naturelle.

En Vendée, la population pensait pouvoir profiter d’un littoral d’exception, les promoteurs bénéficier de juteuses plus values et les permis de construire étaient accordés avec une étonnante cécité. Xynthia a dramatiquement rappelé la définition d’une zone inondable. Qu’ils s’agissent de « zones noires » ou de « zones de solidarité », les négociations entreprises provoquent comme un sentiment de malaise en souvenir des 47 disparus.

En décembre, quelques flocons sur la nationale 118 ont obligé un Premier Ministre à se justifier depuis Moscou (ils ont du sourire les moscovites !). La gestion de thermomètre devient même un élément programmatique pour la Dame du Poitou. Juré craché on ne se laissera plus surprendre.

Pourtant, des catastrophes climatiques, des vraies, des violentes, impitoyables et meurtrières ont été largement oubliées cette année. Qui se souvient en cette veille de Noël qu’en Inde, au Pakistan, en Chine, nous parlons de dizaines de milliers de morts, de dizaines de millions de sinistrés, de centaines de milliards de dollars de dégâts. Il y a comme une indécence qui plombe l’atmosphère.

enfant gaté.jpgNos concitoyens sont des enfants gâtés du climat tempéré. La tendance lourde de notre avenir réside dans une amplitude croissante des excès climatiques. Il faudra bien s’y faire. A voir nos camions bloqués par quelques flocons, force est de constater que nous avec perdu la signification du mot nature. Nous ne sommes pas prêts. Nous ne pardonnons plus le moindre dysfonctionnement, nous n’acceptons plus le moindre grain de sable dans notre machine économique et social. A ce jeu là, nous perdrons. Réveil !

01.12.2010

"Le temps" Gaston Berger

temps.jpgCoup de cœur.

Gaston Berger, « Le temps », 1959.

« Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement » (La Rochefoucauld). Il était naturel que l’homme s’appliquât à dissiper l’angoisse existentielle. Il y est parvenu par des moyens fort divers, qui peuvent être regroupés en quatre catégories principales : le divertissement, la résignation, la foi et le sacrifice.

Le divertissement. Notre situation nous inquiète, notre destinée nous préoccupe. Mais le présent est là, avec la chaleur de la vie, avec aussi ses soucis et ses plaisirs et les problèmes précis que nous pose le désir de dissiper les une et de prolonger les autres. Il semble facile et il est tentant de se réfugier dans l’oubli qu’il procure. Détournons-nous du passé, ignorons délibérément l’avenir et goûtons l’instant qui passe. Le moraliste ou le prédicateur veulent notre conversion. Nous leur échapperons en nous livrant au divertissement. […]. Ainsi vivre dans mes souvenirs ou dans mes rêves, c’est vivre dans ce qui n’a point d’existence. Mais inversement, m’enfermer dans le présent pour mieux goûter des choses réelles c’est en laisser perdre toute la qualité. Coupé du passé et de l’avenir, le présent est absurde.

La résignation. Aussi arrive-t-il parfois que le philosophe triomphe. Celui qui a saisi vraiment, fût-ce une seule fois, le tragique de sa condition ne peut plus se satisfaire complètement du divertissement. La rage même qu’il met à s’étourdir lui révèle qu’au fond de lui l’angoisse subsiste. Alors s’offre à lui l’attitude stoïcienne, c'est-à-dire le repli sur l’homme. Déçu ou trompé par le plaisir, on se consolera par l’orgueil.

La foi. Cette existence que la mort rend dérisoire et dans laquelle la fuite du temps ne se laisse guère oublier, il y aurait peut être un moyen de la rendre supportable et même de la justifier tout à fait. Ce serait d’établir que le caractère absolu de la mort n’est qu’une apparence. C’est cette révélation que nous apporte la plupart des religions. Si la mort n’est qu’une transformation au lieu d’être un anéantissement, elle peut sans doute poser encore maints problèmes. Elle cesse du moins d’être le scandale total. [..] Pour que l’angoisse s’évanouisse vraiment, il faut que la mort soit décidément niée et peut-être que le temps lui-même soit transcendé. La foi est une solution. Par contre, si je ne puis croire à la possibilité du salut, il faudra m’appliquer à détourner sur des objets futiles mon attention trop lucide, ou compenser par les amères joies de l’orgueil l’absence du bonheur.

Le sacrifice. Il y a encore une manière d’échapper à l’angoisse et elle est accessible à tous les hommes, quelles que soient leurs croyances : c’est le sacrifice. Celui qui risque sa vie pour son Dieu, son pays ou pour la cause qu’il croit juste, n’est plus écrasé par l’idée obsédante d’avoir à perdre son existence. Celle-ci cesse d’être une fin absolue ; elle n’est plus qu’un instrument, dont il importe seulement de bien savoir se servir. […] Pour le saint, l’ambitieux ou le passionné, le temps n’est pas supprimé. Il cesse seulement d’être une émotion pour devenir un moyen ou un obstacle. On ne le savoure plus dans l’ambivalence de la nostalgie : on l’utilise. Lorsque la valeur nous inspire, elle nous détourne du rêve autant que du plaisir, elle nous oblige à l’action. Nous sommes à la limite du temps existentiel.

22.11.2010

Rupture?

Le pic pétrolier est arrivé

18.11.2010

Qui vivra verra,...

qui vivra verra.jpgQui vivra, verra !

Novembre 2010 

La vie politique s’est affranchie depuis quelques mois de tout débat consacré à l’environnement. Le grenelle du même nom est remis en cause tant par les élus que par les ONG qui en dénoncent l’insuffisance et son manque de traduction concrète. Le remaniement gouvernemental confirme l’abandon de ce qui fut « une priorité ». Retour aux fondamentaux !

Au niveau international, la conférence de Nagoya consacrée à la préservation de la biodiversité n’a eu que très peu d’échos malgré des résultats pour une fois probants. La préparation du sommet de Cancun se fait dans l’indifférence générale. La crise économique et  le fiasco de Copenhague sont passés par là. Les différents « plans climat » et autres « révolutions environnementales », de la fiscalité, de la production et de la gouvernance internationale ont été reportés sine die.

Tout laisse à penser que les gouvernements ne souhaitent plus prendre le risque d’une initiative qui ne saurait trouver une quelconque efficacité sans une coordination internationale. Le résultat tient dans une maxime « qui vivra, verra », mais aboutira probablement par un « sauve qui peut » général. La mutualisation des efforts et la convergence des politiques environnementales est bien sûr illusoire. Même lorsque les Etats sont confrontés à la résolution de problèmes immédiats, comme la crise financière et monétaire, le premier reflexe est un repli sur soi et sur ses intérêts nationaux. Alors pour le climat…..

Les gouvernements traitent donc  de la question environnementale selon leurs problématiques locales et  la conjoncture du moment. Pour autant, les acteurs hier convaincus n’ont pas changé de « logiciel », même s’ils parlent aujourd’hui moins fort.

C’est à un autre niveau que se prennent les décisions et que sont portées les initiatives, là où les conséquences des bouleversements environnementaux sont visibles. Villes, Communautés d’agglomération, Régions et initiatives personnelles font aujourd’hui d’avantage que les Etats et leurs organisations supranationales.

27.10.2010

Chiffres clefs

Asie: un boom pour la classe moyenne d’ici 2030

Environ 800 millions de personnes en Asie devraient accéder à la classe moyenne d’ici les vingt prochaines années, assurant la poursuite du développement économique des pays de la zone, selon une étude de la Banque asiatique de développement (BAD).

Les défis qui en découlent sont également d’ampleur, en particulier concernant la dégradation de l’environnement, le changement climatique ou les tensions concernant l’accès aux ressources, comme l’eau, souligne la BAD

Source : http://future-newswire.tumblr.com/

04.10.2010

Géopolitique des ressources

bras de fer.jpgC’est qui le plus fort ? 

Après l’Allemagne, c’est donc l’armée américaine qui s’interroge sur ses orientations stratégiques au regard du manque prévisible de pétrole et de son prix inexorablement croissant, et ce dès 2015.

Au-delà des tensions géopolitiques que produirait un choc pétrolier systémique, il s’agit pour les grandes puissances de se préparer et d'organiser leur politique de défense avec cette épée de Damoclès dont le crin est de plus en plus ténu. Si Bertrand Piccard sait faire décoller un avion solaire, qu’en sera-t-il d’un char Leclerc ?

Le signal d’alarme est tiré, non pas par les entreprises ou les gouvernants, mais par la Grande Muette, c’est dire si le problème est sérieux.

Au-delà de la question de l’Or noir, c’est toute la géopolitique des ressources qui se réorganise. L’Ukraine et la Russie se livrent régulièrement à un bras de fer gazier, avec l’Europe en otage. La Chine utilise le chantage aux terres rares, ces métaux indispensables à nos sociétés hautement technologiques, comme un instrument de pression diplomatique vis-à-vis de son voisin nippon pour faire libérer l’un de ses ressortissants. Pendant ce temps, la soi-disant indépendance énergétique de la France est mise à mal par quelques fanatiques perdus au milieu du Sahel.

La définition du développement durable pour la paix trouve sa traduction dans les tensions générées par la rareté des ressources.

30.05.2010

Le papier du dimanche 30 mai

equilibre.jpgDettes, rigueur et croissance. Des-équilibres.

Il y a quelques semaines, Nicolas Sarkozy se disait prêt à aller jusqu’à la crise politique pour défendre sa vision de la PAC. Angela Merkel a mené l’Europe au bord du gouffre pour faire prévaloir son point vue et ses exigences d’orthodoxie budgétaire.

Bien sûr, ses atermoiements ont au final coûté assez cher à l’Europe. Mais enfin, le sujet des déficits et des dettes publiques des Etats européens est posé et personne ne peut aujourd’hui esquiver le débat.

Certes, ce chemin est douloureux est n’a qu’un seul horizon, celui de la diminution du niveau de vie. Mais il est indispensable car en l’état, la santé publique, l’éducation, les solidarités sociales financées par la dette sont assumées par les générations futures. C’est inacceptable éthiquement puisqu’en ce faisant, nous condamnons nos enfants à payer et compromettons dangereusement la satisfaction de leur propres besoins. La rigueur peut être injuste à certains, la dette insolvable est profondément égoïste. On notera d’ailleurs que qu’en matière d’héritage, la législation protège les enfants des dettes de leurs parents !

Ainsi donc, lorsque l’objectif d’un Etat est de rétablir de l’ordre dans ses comptes publics, il n’hésite pas à mettre ses objectifs de croissance entre parenthèses. C’est un signe. Lorsque les déséquilibres l’imposent, la croissance n’est plus forcément prioritaire. C’est aussi intéressant du point de vue environnemental. En la matière, il s’agit également de l’avenir des générations futures et de leur capacité à satisfaire leurs besoins. La dette environnementale gonfle et l’argument systématique opposant l’impératif de croissance à la préservation de l’environnement est mis à mal. Philippe Dessertine pose le rééquilibrage budgétaire comme une condition pour la paix future, pourquoi le rééquilibrage environnemental ne ferait-il pas l'objet d'une pareille attention.

Mais la préservation de l’environnement et des ressources ne faisant pas l’objet de notations d’agence, on peut craindre que l’ajustement ne se fasse que lorsque la faillite en la matière sera effective.

06.05.2010

Histoires de dettes

crise Grece.jpgLa grande illusion.

Les révoltes grecques ne sont pas destinées à changer le monde. Il ne se dégage pas de propositions alternatives. C’est une manifestation de la peur. La peur de voir un monde finir, la peur de la réalité, la fin d’une illusion.

Les dérives du système financier révulsent à juste titre. Les pressions qu’il exerce et les inégalités qui en découlent sont insupportables. Mais c’est un mal collatéral et non originel.

L’occident est sous perfusion, de l’Europe aux Etats-Unis, nous maintenons l’illusion d’une richesse par toutes sortes d’endettements, publics et privés. Certains ont compris qu’avec l’avènement de la Chine, de L’Inde et bientôt du Brésil, le monde et ses règles avaient bel et bien changé. Seule l’Allemagne et son implacable réalisme l’a compris. Elle a appliqué la loi chinoise du plus fort, la dévaluation compétitive par la compression des salaires. La réunification allemande et les efforts budgétaires qui l’ont accompagné ont assurément aidé ce pays à s’adapter au monde tel qu’il est. Les allemands sont-ils pour autant malheureux ? Soit, ils ne sont pas très drôles, mais malheureux non.

Obnubilés que nous sommes à vouloir maintenir coûte que coûte notre niveau de vie, nous nous sommes collectivement arc-boutés à un confort chèrement acquis par la sueur de nos anciens. Nous n’avons pas intégré la fin des trente glorieuses. La dette est l’instrument de l’illusion, aujourd’hui il faut payer. Ça fait mal. Pourtant les écuries présidentielles qui se mettent en ordre de marche réfléchissent à un nouveau rêve à proposer aux français. Rêver, toujours, et faire fonctionner la machine à illusion.

Il faut prendre le monde tel qu’il est avec les hommes tels qu’ils sont. Le principe de réalité est puissant et reste au final le meilleur principe de précaution. Pendant ce temps, une autre dette prend de l’ampleur et est confrontée au même aveuglement collectif. Celle-ci a d’autres créanciers qu’aucune planche à billet ne saurait satisfaire. Si la France vit à crédit à partir du mois de juillet, le monde est en déficit environnemental à partir du mois d’octobre (overshoot day).

05.05.2010

Une vague d'indécence

brice-de-nice-WallFizz.jpgLa revanche de Brice

Ainsi donc, la Côte d’Azur a vécu son tsunami. Médecins du Monde et Action Contre la Faim sont sur le pied de guerre. Brice de Nice vit enfin son jour de gloire.

Parce qu’une vague a dévasté quelques transats, plié quelques chaises et cabossé deux ou trois coques, les mairies de Nice et de Cannes demandent une classification de catastrophe naturelle. Demain, le restaurant d’altitude le …, célèbre à Courchevel pour son vin chaud et ses serveuses russophones,  fera de même lorsque les flocons tombés durant la nuit empêcheront l’accès à sa terrasse !

Les transats  installés sur le domaine public pour le plaisir exclusif d’amateurs de cappuccinos à 15 euros sont hors d’usage. Une vague aurait libéré le passage. Tant mieux. S'il y a catastrophe, elle n'est pas forcément là où l'on croit. 

Le plagiste Niçois regarde la mer depuis sa voiture de sport et est soudain plein de compassion pour Akash, le Bangladeshi. La nature n’est pas un partenaire financier paisible et docile et ses charmes ne sont pas inoffensifs.

Mais il faut payer, alors va pour la catastrophe, naturellement.

02.05.2010

Le papier du dimanche 2 mai

Deepwater Horizon.jpg20 avril 2010, La rupture

L’histoire est faite de ruptures. La marée noire consécutive à l'explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon en est assurément une. 800 000 litres de pétrole déversés chaque jour, une nappe d’une superficie égale à deux fois la Belgique,2400 km de côtes potentiellement impactées. Et ce n’est qu’un début : colmater la tête de puit pourra encore prendre de nombreuses semaines.

Les navires pétroliers peuvent être à peu près contrôlés, double coque, double commande, itinéraires et volume de cargaison connus. Dans le cas d’une plateforme, il n’y a plus aucune limite à la démesure d’une catastrophe environnementale. L’envergure de celle-ci donne le vertige et notre impuissance à la juguler tétanise. Elle dépassera probablement tout ce que nous avons connu jusqu’ici.

Alors qui doit payer ? BP, dont la signature « Beyond Petroleum » désormais incongrue, ne pourra faire face. Au regard des dommages, la société serait en faillite bien avant d’avoir assumé la moitié du coût financier de l’explosion. L’ensemble des compagnies pétrolières ? On peut toujours rêver. Ce sont les écosystèmes, les pêcheurs et les populations locales qui au final paieront le prix fort.

La question des plateformes offshore se pose. Nous avons commencé à exploiter l’or noir sur terre, puis en eaux peu profondes, pour finalement forer en eaux profondes voire ultra profondes. Il n’y a là plus de riverains pour pétitionner, loin des yeux, loin du cœur. Seulement, à 1500 mètres de profondeur, nous sommes dans un milieu incroyablement hostile, où les opérations de secours relèvent de l’utopie.

Aujourd’hui, 25% de la production pétrolière mondiale se fait en plateformes offshore. Cette proportion est en constante augmentation et les enjeux géopolitiques en arctique du fait des ouvertures maritimes témoignent de cette appétence. Notre modèle de développement et sa dépendance au pétrole a un coût, qui approche parfois l’insupportable.

Confrontés à notre impuissance, nous devons par la force des choses questionner notre Dieu technologique. Lorsque qu’après l’urgence viendra le temps des comptes, plus rien ne sera vraiment comme avant. Deepwater Horizon n’en est qu’aux débuts de ses nuisances et le 20 avril 2010 restera une date de rupture. La limite de notre maîtrise.

18.04.2010

le papier du dimanche 18 avril

volcan.jpgQui de nous deux maîtrise l’autre ?

Alexis du Fontenioux. Valinkeo.

S’il y a un point commun entre Xynthia et Eyjafjöll, c’est encore la démonstration de notre vulnérabilité face aux événements naturels. Loin de maîtriser l’environnement, nous en sommes tributaires.

Les compagnies aériennes perdent des euros par millions pour quelques fumerolles ! Si crise il doit y avoir, il n’y aura dans ce cas pas de banquiers ou autres traders pour en porter la responsabilité. Les compagnies aériennes déjà fragilisées dans leur modèle économique par la contrainte du sous-sol se voient mises en danger par quelques particules en suspension. Les hommes d’affaire à travers le monde redécouvrent avec stupeur ce que signifie l’éloignement et les charmes désuets des voyages lents, d'un trajet Moscou-Paris passant par Istanboul, Tunis et Marseille! Le 11 septembre n’avait pas cloué Georges Bush au sol, Eyjafjöll s’en charge.

Nos compatriotes, tout à la leur désarroi face à la perspective de devoir quitter leur pavillon sur mer, nous incitent à réfléchir sur le mouvement général qui veut que 40% de la population mondiale vit désormais sur le littoral et que la population riveraine de la méditerranée a doublé en quelques décennies. Etre au bord de la mer est un rêve qui peut parfois virer au cauchemar. La nature est belle, elle nous rappelle qu’elle est aussi dangereuse et imprévisible, et quelques digues n’y changeront pas grand-chose*.

Plus largement (et même si les tremblements de terre et autres éruptions n’ont rien à voir avec l’activité humaine) nous parlons systématiquement de l’impact de nos activités sur l’environnement et trop rarement de celui de l’environnement sur nos activités. S’adapter, ce n’est pas ajuster à la marge nos modes de vie, c’est aussi tenir compte des formidables inerties d’une nature amorale et des réponses qu’elle propose. C’est toute la question des changements climatiques et de la montée des eaux.

 

*Voici un petit outil de simulation qui devrait vous permettre d'évaluer la valeur foncière de votre lieu de villégiature en cas de montée des eaux! http://flood.firetree.net/.

11.04.2010

le papier du dimanche 11 avril

solar impulse.jpgEn avance sur son travail, en retard sur son temps !

Lorsque Bertrand Piccard finissait avec succès sont tour du monde en ballon et sans escale, il lançait ce pari fou : « le prochain tour se fera sans carburant » ! Voler sans carburant. Le défi lancé par le projet Solar Impulse a franchi une étape importante en réalisant heure et demie de vol uniquement grâce à l’énergie procurée par le soleil. L’impossible existe pour être remis en question dirait Marc Raison. Lorsque Blériot traverse la manche en 1909, il est surement loin de se douter que son exploit ouvrira la voie à l’aviation commerciale en modifiant profondément notre rapport au monde.

Bertrand Piccard n’a pas encore reçu l’accueil triomphal de ses prédécesseurs. Pourtant, son exploit est largement comparable et nous n’avons peut être pas encore perçu toute son importance. Il permet d’élargir les frontières du rêve et de l’espoir. « Il ne s’agit pas seulement d’un avion, mais d’un message » souligne t-il.

Le rêve d’Icare a son prix : 70 millions d’euros. L’ironie veut que dans le même temps, notre champion de l’électricité nucléaire communique sur  l’avenir : « Aujourd’hui nous concevons aussi les réacteurs de 2040 » avec cette signature singulière : «  c’est toujours bien de prendre un peu d’avance dans son travail ». Si comparaison n’est pas raison, il faut rappeler qu’une seule centrale de nouvelle génération nécessite un budget de 8 milliards de dollars. Que de perspectives pourraient être ouvertes avec de tels investissements placés dans le photovoltaïque. Le rêve a définitivement changé de camp et si certains prennent effectivement de l’avance dans leur travail, cele ne garanti pas d'en prendre sur son temps.

Poésie d'un vol :

05.04.2010

le papier du dimanche 4 avril

banc-bancal-L-1.jpegLes trois piliers, bancals, du développement durable.

Il est désormais généralement admis qu’un développement durable, tenant compte de la satisfaction de nos besoins tout en garantissant ceux des générations futures, passe par un équilibre entre les trois piliers économiques, sociaux et environnementaux.  

On entend souvent que la place prise par les préoccupations environnementales est exagérée au regard des enjeux économiques et sociaux. On qualifie cette attitude d’irresponsable, d’extrémisme « vert ». Pourtant, force est de constater que si nos sociétés modernes ont globalement compris qu’un développement économique ne se faisait pas sans harmonie sociale, la place de l’environnement est largement sous considérée dans les stratégies politiques et économiques. A chaque proposition de changement, l’argument économique ou social est avancé comme non négociable.

La vérité de nos choix de développement actuels ne se situe pas dans une soi disant prédominance de la question environnementale, qui pénaliserait le reste du spectre. Bien au contraire, elle reste le parent pauvre de nos préoccupations et lorsqu’elle commence à prendre une place équivalente aux enjeux économiques et sociaux, elle se retrouve le plus souvent bâillonnée face aux impératifs des deux autres piliers.

On sait pourtant les dommages que peuvent causer le déséquilibre entre l’économique et le social. On refuse encore d’admettre que les mêmes causes produiront les mêmes effets avec la question environnementale. Pour que les trois piliers du développement durable cessent d’être bancals, il faut que la compréhension des enjeux  soient suffisamment partagé et gagne encore du terrain. Il faut que le pilier environnemental ne soit plus perçu comme une vision poétique d’un développement futur, mais comme une nécessité pour garantir la stabilité de nos sociétés et pour nous prémunir du pire, le conflit. Le chemin est très étroit.

27.03.2010

Le papier du Dimanche 28 mars.

marche_arriere.jpgDimanche 28 mars, inauguration du  « Papier du Dimanche » pour faire le point sur une semaine de débats.

Le temps des reculs

Au regard de l’actualité de ce mois de mars, Copenhague qui pouvait être considéré comme un échec doit être réévalué comme une réussite !

Au chapitre des reculs, la taxe Carbone.

Motifs : elle pénaliserait notre compétitivité et serait globalement inefficace. Ces deux motifs ne tiennent pas. S’il s’agit de restaurer la compétitivité de nos industries, alors supprimons aussi les taxes sur les produits pétroliers! Non bien entendu,’idée de la taxe carbone est de commencer la transition d’une fiscalité du travail vers une fiscalité environnementale, pour  « nous aider à changer nos modes de production et de consommation à notre rythme avant que la nature n’impose cette évolution à marche forcée » (J.M Jancovici).  On entend aussi dire que la taxe Carbone serait inefficace sur le climat global. Note grande gueule du climato-scepticisme nous affirme que l’application d’une taxe carbone par la France « modifierait la température moyenne du globe d'un centième de degré dans 100 ans". Intéressante réflexion de quelqu’un qui pour mémoire ne croit pas aux modèles de prévision du changement climatique. Mais il ne s’agit pas tant de changer la planète que de nous y adapter. Il faut aussi de répondre si oui ou non, nous souhaitons prévenir nos systèmes économiques et sociaux de leur dépendance vis-à-vis de l’énergie fossile, comme le souligne avec brio Jean-Marc Jancovici, « les cancres ont eu le dernier mot ». Les détracteurs de la taxe carbone nous parlent d’optimisme quant à la capacité de l’homme à s’adapter, et lorsque justement on leur propose des mesures pour le faire, le changement leur semble insurmontable !

Au chapitre des reculs, la conférence de Doha et la CITES. Non seulement, la pêche du thon rouge se perpétuera avec le déni le plus absolu des réalités physiques des stocks disponibles, mais les autres attendus de la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction perpétuent l’exploitation des requins, des baleines et même du corail ! Les arguments développés par les lobbyistes Nippons se concentrent sur l’impératif de développement économique des pays pêcheurs. Mais face à l’épuisement manifeste des ressources, lesdits pêcheurs n’auront bientôt plus de sushis dans leur filet et leur reconversion en sera d’autant plus douloureuse, nos pêcheurs d’anchois peuvent en témoigner. Nous passons donc de l’inconscience de nos responsabilités à une conscience de notre irresponsabilité sans s’en émouvoir davantage. Mais pas de panique, comme le souligne Christian Gerondeau: « l’humanité à toujours progressé en mettant la nature à son service » !

S’il y a des reculs, des avancées sont à souligner. Celles des climato-sceptiques qui s’en donnent à cœur joie. Certes, la controverse est nécessaire à la science, sans contradicteurs elle ne peut progresser. Une science institutionnalisée est porteuse de dogmes, elle peut devenir stérile voir dangereuse. Mais il est tout de même troublant de balayer d’un revers de la main plus de 200 ans de recherches et d’avancées scientifiques. Pour aller au bout de leur démonstration, les climato-sceptiques (qui souvent ne le sont pas tant que cela) doivent aujourd’hui se prononcer clairement sur la remise en cause des travaux de Joseph Fourier sur les équilibres atmosphériques(1824), de la description de l’effet de serre (Tyndall 1865), des évaluations du Co2 dans l’effet de serre d’Arrhenius (1896), et des mesures du Co2 de Keeling en 1950. Ces scientifiques ont-ils eu tort ? Leurs conclusions sont-elles erronées? Il est aisé, devant la difficulté et la complexité de l’étude globale du climat de trouver des zones d’approximation. Ce n’est pas le GIEC qui est attaqué, Ce sont deux siècles de sciences qui sont remis en cause. Il leur faut maintenant assumer cette position. Bon courage !

 

24.03.2010

Développement désirable?

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Halte au développement désirable !

Alexis du Fontenioux. Mars 2010

Les difficultés rencontrées par les experts, les scientifiques, les économistes et les politiques -  conscients  de l’immense chantier du développement durable -  pour communiquer leurs convictions font émerger ici où là l’idée de présenter la problématique de façon positive dans le but de générer de l’adhésion. On propose alors de décliner les conclusions du rapport de Brundtland sous la terminologie d’un développement désirable.

L’idée est louable mais incohérente. Le désirable ne s’inscrit pas dans la durée. Le désirable est instantané. Le désir aujourd’hui fait écho à une société sur-consommatrice de ressources et d’énergies. Le désir est porté à son paroxysme par les publicitaires. Une marque automobile se positionne comme fournisseur de plaisir et même de joie ! Le désir des sociétés en développement est d’accéder au même niveau de confort que l’occident. Le désir entraîne une fuite en avant dans son accomplissement et se préoccupe peu du futur et de ses générations.

Enfin, le développement durable consiste à gérer une somme de contradictions entre notre désir et le principe de réalité. C'est par essence un sujet conflictuel qui révèle les tensions entre des intérêts contradictoires. S'il est difficile d'atteindre la "durabilité", celle-ci répond toutefois à des principes assez objetifs. A l'inverse, la "désirabilité" est par essence subjective individuelle et difficilement négociable, souvent contraire à l’intérêt général.

Une société de développement durable pourrait sûrement être plus harmonieuse et paisible qu’une société du désir. Mais cette transition nécessite un certain nombre de choix et donc de renoncements. Maquiller ces renoncements par la promotion de nouveaux désirs est un tour de passe passe habile mais ne correspond pas à la réalité. Le développement durable implique un langage de vérité, de pédagogie. « Il faut prendre les hommes tels qu’ils sont et le monde tel qu’il est » disait l’autre. Les futurs désirables ne sont pas forcément souhaitables.

02.02.2010

De l'art d'anticiper

bert bolin.jpg

La Suède, une leçon d’anticipation politique

En 1975, le gouvernement Suédois intègre les travaux de Bert Bolin et organise une conférence environnementale qui aboutit à une loi sur l’énergie. Celle-ci prévoit que « les contraintes énergétiques futures seront davantage le fait de la limitation des combustions d’énergies fossiles et des émissions de Gaz à Effet de Serre que de la disponibilité des stocks ».

La part du pétrole dans l’énergie Suédoise est passée de 70% à 30% depuis 1970. La taxe carbone en vigueur depuis 1991 fixe le prix de la tonne de CO2 à 109 euros en 2010, sans compromettre les équilibres économiques.

Anticipation politique!