23.10.2009

Migrations climatiques, à quand un débat public?

migrations climatiques.jpgHautes tensions sur les migrations

Alexis du Fontenioux. 22 octobre 2009.

50, 100, 250 millions et probablement davantage de réfugiés climatiques sur les prochaines décennies ! Cette question posée depuis maintenant quelques années ne rencontre pas le débat sociétal nécessaire pour éclairer les enjeux du phénomène et les propositions politiques correspondantes se font désespérément attendre. Sujet sensible… l’abstention est de mise.

La désertification galopante,  la montée des eaux et l’assèchement de grands bassins versants aux premiers rangs desquels l’Indus, les glaciers himalayens et le milliard de personnes concernées (parmi les plus pauvres du monde) rendront dans de nombreuses régions du monde la survie impossible. Les vagues de réfugiés climatiques se développeront par cercles concentriques, amenant avec eux les troubles sociaux et parfois les conflits inhérents à toute migration massive. L’occident confortable et soi disant accueillant sera inévitablement concerné dans un délai d’une génération.

Or que constate t-on ? Les opinions publiques ne sont absolument pas préparées à un phénomène qui nécessite pourtant une pédagogie et une préparation essentielle pour éviter la résurgence de réflexes malheureux. Aucun mirador ni aucune frontière ne saurait arrêter des populations qui n’ont pour autre ambition que de survivre, sauf bien entendu à accepter la réapparition de régimes que nous souhaiterions définitivement exclus du sens de l’histoire.

maldives.jpgFaussement spectaculaires et profondément inutiles, les opérations de Sangatte, le démantèlement de la jungle de Calais, le retour à Kaboul de cette poignée de malheureux Afghans que l’on renvoie dans un pays en guerre. Politiques, ces migrations sont pourtant gérables. Mais que feront donc nos gouvernements lorsque le pic des migrations climatiques interviendra entre 2030 et 2050 ? Quels discours tiendront-ils pour ménager les convictions arrêtées de leurs électeurs respectifs ? Il est possible de renvoyer un Afghan à Kaboul comme il est possible de nier un droit d’Asile, mais que se passe t-il lorsque le lieu d’origine du migrant ne peut tout simplement plus accueillir la vie ? Comment organiser un charter de Maldiviens si les Maldives sont submergées ? Tout est à réinventer, les procédures, l’Asile, l’accueil, le système social, la citoyenneté, etc.

Sans vouloir entrer dans des considérations éthiques ou morales (amis lecteurs, évitez les commentaires inévitables et souvent virulents sur cette question), nous voyons aujourd’hui se développer l’ADN comme un élément de réponse au traitement des migrations. Les Etats Unis, officiellement, veulent « rapprocher les familles de réfugiés originaires de l’Afrique de l’Est », Le Royaume Unis a tenté la mise en place du «Human Provenance Project », dont l’ambition (fort peu scientifique) est de déterminer l’origine géographique des migrants, la France quant à elle a tenté dans le cadre du principe de regroupement familial et avec le succès que l’on connaît son propre système de tests de filiation génétique. Ces dispositifs illustrent surtout le désarroi et l’impuissance prévisible des politiques publiques face à la perspective du phénomène de migrations climatiques.

autruche.jpgComment amortir et anticiper l’accueil d’une importante population de migrants qui physiquement n’auront pas la possibilité du retour? La politique de l’autruche est la pire qui soit, aucune démocratie occidentale ne pourra faire l’économie d’un débat en profondeur sur ce phénomène inédit par son ampleur. Le plus tôt sera mieux.

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://valinkeo.hautetfort.com/trackback/2433715

Commentaires

pauvre autruche. alors qu'elle adopte bien au contraire un comportement exemplaire. la désinformation tue.

Ecrit par : Atlantis | 24.10.2009

Ecrire un commentaire