04.11.2009

Quand Dieu s'en mêle

dieu.jpegNégociations climatiques, un siège pour Dieu ?

 

Alexis du Fontenioux. Le 4 novembre 2009.

 

Les mouvements religieux occupent une place de plus en plus prégnante dans la mobilisation autour des enjeux environnementaux et plus spécifiquement du réchauffement climatique. Jean Paul II en son temps appelait à une « conversion écologique » face à ce qu’il identifiait comme une menace de destruction. En 2006, Benoît XVI ira plus loin en qualifiant la dégradation environnementale d’ « axe du mal ». En 2008, il élève les actes relevant de l’atteinte à l’environnement au rang de péché mortel (en plus des 7 autres).

 

Aujourd’hui, on fait appel à toutes les bonnes volontés œcuméniques pour faire passer le message auprès de tous les croyants du monde. Ainsi, les grands leaders religieux de tous horizons (en compagnie de scientifiques, les temps changent) se sont retrouvés sur un bateau en Norvège au milieu d’icebergs pour….prier ! Depuis 1995 se développe une initiative œcuménique (l’ARC – Alliance des Religions pour la Conservation) avec pour vocation d’adresser des signaux forts d’engagements auprès des pouvoirs politiques. Cette alliance des religions se fait fort de réunir 85% des habitants de la planète et se veut un levier majeur dans l’évolution comportementale. Victoria Finaly, directrice de la communication de l’ARC ne cache pas l’ambition de son organisation : "La religion va émerger comme une force motrice majeure en faveur de l'action environnementale".

 

Bien entendu, le religieux est légitime pour exprimer son point de vue sur les questions relevant de notre rapport à la planète, à ce qu’il définit comme l’Esprit Créateur. La force philosophique, spirituelle, financière et foncière du religieux le place au même titre que d’autres parties prenantes dans la construction des mondes à venir.

 

prière.jpgL’ennui est ce que cela révèle de notre incapacité à nous mettre en situation de responsabilité. Quand on en vient à prier pour notre salut, la situation est en passe de glisser vers des terrains obscurs, propices à tous les excès. Lorsqu’on ne comprend plus le monde qui nous entoure, lorsqu’on perd la main sur son évolution, lorsqu’on a la sensation de perdre le contrôle d’une partie de notre avenir, on se retourne alors vers le très Haut pour obtenir des réponses. La porte du déterminisme religieux peut alors s’entrouvrir. Si les sacrifices d’antan ne sont plus à l’ordre du jour, le message est tout de même assez clair : placer la religion au cœur des réflexions relatives aux désordres que nous avons engendré. Face à notre désarroi collectif, la tentation pourrait être grande pour la religion de se poser en solution. La récupération est proche et les laïcards de tous poils peuvent frémir.

 

Fort de sa puissance et de son influence potentielle, L’ARC s’est placée sous la bienveillance de l’ONU. Sans vouloir fustiger au préalable l’action d’une telle organisation - qui après tout pourrait apporter une contribution intellectuelle intéressante -, sans vouloir non plus dénigrer une organisation fondée par le Prince Philip et certainement respectable, l’attention portée au rayonnement et aux messages des groupes religieux doit cependant rester vigilante. On sait les dommages que peuvent provoquer l’immiscion de l’intemporel dans une organisation sociale et politique.

 

Plus largement, ne pas agir en responsabilité sur les questions du « bien commun » et de l’environnement, avec le cortège de troubles sociaux sous-jacents, peut aboutir à bien d’autres dommages collatéraux et notamment au danger que constituerait l’émergence d’un nouvel obscurantisme et autres formes de fascismes. C’est aussi là l’un des enjeux des temps modernes.

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Commentaires

quoi de plus naturel ? l'écologie a été déviée de sa vocation, elle sert depuis un paquet d'années dans les médias "officiels" et pseudo-alter à une préparation des esprits néo-religieuse. le terrain est maintenant bien préparé, les ignorants total de tout ce qui régit l'écologie (les politiques, les industries, les religions) montent au créneau pour dominer les foules consciencieuses.

Ecrit par : Atlantis | 07.11.2009

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