23.07.2009

terres à louer, attention danger!

terres agricoles.jpgTerres à louer, attention danger !

Alexis du Fontenioux. Juillet 2009

Nous le savons depuis maintenant quelques temps, l’achat et la location de terres arables par des entreprises et des Etats étrangers est une pratique qui se généralise et qui connaît même une accélération subite selon Paul Mathieu de la FAO.

Ainsi, la Chine, La Corée du Sud, l’Inde et même l’Egypte se livrent à ce genre d’investissements en Afrique, en Amérique Latine, en Russie, etc. Ce phénomène prend une telle ampleur que 20 millions d’hectares de terres agricoles (la France compte 32 millions d’hectares de surface agricole!) sont entre les mains de ceux qui investissent sur des marchés désormais considérés à hauts rendements capitalistiques. Face à la crise financière et à la volatilité des matières premières, l’investissement en surfaces agricoles semble trouver grâce aux yeux de nombreux opérateurs. Ainsi on retrouve sur ce marché des entreprises comme Hyundaï Heavy Industries ou autres Daewoo logisitcs qui possède la moitié des terres agricoles de Madagascar !

Ces pratiques posent bien entendu de nombreuses et graves questions. Certains prétendent que cela permettra aux populations locales de développer la productivité agricole et le développement rural des pays concernés, une sorte de néocolonialisme en quelque sorte. La production agricole escomptée n’alimentera certainement pas les besoins locaux, mais les marchés solvables, d’autant que la grande partie de ces productions sont destinés aux agrocarburants (huile de palme) ou à l’alimentation du bétail.

agriculture intensive.jpgL’objectif est bien entendu ailleurs, il s’agit pour des pays qui ont atteint la limite de productivité de leurs propres surfaces agricoles ou de leurs ressources en eau de se servir ailleurs. Il en va de l’agriculture comme de l’énergie, la sécurisation des approvisionnements est un secteur stratégique et autorise toutes les dérives.

Au-delà des troubles sociaux que provoqueront cette mainmise sur des ressources vitales, menant à la perte de l’accès aux terres par les producteurs locaux, dans quel état retrouverons-nous ces territoires après une exploitation par définition intensive et capitalistique? Désastre économique et social pour les populations locales, désastre environnemental en perspective, il est urgent  de définir un contrôle de ces nouvelles sortes d’investissements, bien souvent opaques et fondamentalement choquantes.

21.01.2009

Mauvaise nouvelle. Le glacier de Quilca n'est plus...

mauvaise nouvelle.jpgAFP. 20.01. Le glacier de Quilca, situé à 5.250 mètres d'altitude, dans la région de Puno au sud-est du Pérou non loin de la frontière bolivienne, a disparu. Les premiers symptômes ont commencé il y a soixante ans dans la Cordillère blanche (centre) mais se sont accentués ces trentes dernières années. "Entre 1948 et1976, le recul était de 8 à 9 mètres par an. Après 1977, la moyenne a été de 20 mètres par an".

20.01.2009

Crise du gaz

Intimidation.jpgDes armes d’intimidation massives

Alexis du Fontenioux. Janvier 2009

Pour la deuxième fois en quelques mois, Moscou joue un jeu dangereux en pratiquant la politique du fait accompli, instaurant le rapport de force comme outil de résolution d’une crise.  « Menteur, Voleur, toi-même » : une véritable dispute de cour d’école. Pendant que Kiev et Moscou se chamaillent, l’Europe subie et est prise à témoin. Il ne s’agit pas ici de déterminer les responsabilités respectives du blocage, les éléments - géopolitiques, diplomatiques et économiques - entrant en ligne de compte sont trop complexes. Seul le résultat nous importe, à tour de rôle et selon l'évolution des négociations Kiev et Moscou privent l’Europe d’énergie en plein cœur de l’hiver.

La démonstration est faîte qu’en fermant les robinets du gaz, la Russie est en mesure de faire plier l’Europe en mettant une partie du continent sur les genoux. L’arme énergétique comme instrument de levier politique a de beaux jours devant elle et illustre un peu plus la fin de la « mondialisation heureuse » décrite par Jean Arthuis. Les politiques énergétiques – les infrastructures, les choix de diversification et de sécurisation des approvisionnements, les politiques alternatives - exigent un temps long et par conséquent une grande fiabilité des partenaires ; après la crise Géorgienne, la Russie et la brutalité qui la caractérise nous donne des signes inquiétants en la matière.

Chacun s’accorde à penser que les difficultés rencontrées par notre époque exigent des coopérations internationales, notamment en matière d’environnement et de lutte contre la pauvreté. Que se passera-t-il si d'autres ressources deviennent des instruments de domination dans un contexte de crise favorisant le « chacun pour soi » ? Et si demain on utilisait  la satisfaction des besoins en eau ou même l'alimentaire (problèmatique exacerbée par les OGM) comme instruments de négociation géopolitique. La Russie a ouvert la voie des armes d’intimidation massives.

09.12.2008

Désequilibres?

prix agricoles.jpgUne hausse de la production réservée aux pays riches

Le Monde, 10 décembre 2008

L'envolée des prix agricoles n'a pas eu pour effet de relancer l'agriculture des pays pauvres. Selon la FAO, la production de céréales devrait augmenter de 2,8 % dans le monde en 2008. Dans les pays en développement, elle devrait progresser de 0,9 %, mais si l'on exclut le Brésil, l'Inde et la Chine, elle devrait régresser de 1,6 %. A l'inverse, dans les pays développés, elle devrait grimper de 11 %.

Les prix élevés des semences et des engrais, le manque d'accès aux infrastructures (silos, routes…) et au crédit expliquent que les petits agriculteurs aient peiné à augmenter les rendements et à profiter de la hausse des prix dans les pays les plus pauvres.

02.12.2008

deux voitures pour le prix d'une!

mauvaise nouvelle.jpgMauvaise nouvelle!

Cardoen, distributeur automobile indépendant, lance une offre promotionnelle inédite et pour le moins provocatrice : « Deux voitures pour le prix d’une » ! La société présente cette action comme un « signal positif aux consommateurs ». Atteindrons t-ils leurs objectifs ? En tout les cas, c’est un signal profondément négatif en termes d’évolution des comportements.