26.08.2009

Ils nous ont tant fait rire

rires.jpgFlorilège de l'été 2009. Ils nous ont tant fait rire !

Alexis du Fontenioux. Août 2009

L’été 2009 nous a relativement épargné des hélas traditionnelles catastrophes ou incidents majeurs (guerres, attentas, crises politiques internationales, etc.). Croisons les doigts. Il ne nous a cependant pas fait l’économie de postures, prises de positions et déclarations pour le moins incongrues. Petit florilège de l’été 2009 :

En août, La Food Standards Agency révèle par les résultats d’une « étude » qu’il n’y aurait aucun bénéfice pour la santé à consommer des produits alimentaires bio en comparaison avec les produits dit « conventionnels ». On apprend cependant que les pesticides, herbicides, fongicides, insecticides et leurs impacts ne rentraient pas dans le champ de ladite étude. De l’intérêt d’une étude sur le bio…

De même, on pouvait découvrir une déclaration surprenante du directeur général de General Motors. En substance : « Le phénomène de la voiture verte n’existe que dans les médias, les consommateurs préféreront les véhicules traditionnels tant que le carburant restera abordable ». De la responsabilité de nos décideurs…

Pour finir, Claude Allègre nous a gratifié d’une nouvelle déclaration savoureuse : « stopper toute émission de CO2 par la France ne modifiera la température moyenne du globe que d’1 centième de degrés dans 100 ans ». Pour quelqu’un qui affirmait l’impossibilité de dégager des prévisions de changements climatiques globaux de l’ordre de deux ou trois degrés sur un siècle, le voilà qui modélise des changements de l’ordre de 1/100 de degrés sur la même période ! Allez comprendre…

Carlos Ghosn dans les colonnes du Figaro."Le pire de la crise (du secteur automobile) est passé. Je suis confiant, car si nous sommes encore dans une situation de déprime économique, la crise financière est clairement derrière nous, avec une régularisation des circuits financiers et une normalisation des activités bancaires. Nous pouvons emprunter à des taux plus favorables, l'investissement repart, les valeurs boursières remontent". Nous voilà rassurés, la crise du secteur automobile repose donc sur des considérations financières!

Même s’il est un peu jaune, le rire fait toujours autant de bien.

 

Bonne rentrée à tous

25.05.2009

Les polémiques Allègre

Claude Allègre.jpgPour comprendre Claude Allègre !


Alexis du Fontenioux. Mai 2008

La rumeur s’intensifie, Claude Allègre pourrait donc rejoindre le gouvernement pour gérer la politique de recherche et d’innovation. Il ne s’agit pas ici de remettre en cause les qualités d’un scientifique à l’intelligence et au courage reconnus. La question est de comprendre les raisons qui le poussent à adopter une posture contraire aux règles de bases de l’esprit scientifique qu'il chérit tant.

Le dogme est l’ennemi du scientifique, en ce sens Claude Allègre a raison d’en souligner les dangers. La controverse est nécessaire à la science qui se repose sur elle pour valider ses avancées, il a raison de la promouvoir.

Mais Lorsque Claude Allègre récuse avec mépris les travaux d’un scientifique au motif qu’il n’est pas climatologue mais glaciologue, il semble ignorer (est-ce possible ?) que la climatologie est faite de l’agrégation de disciplines ayant un rapport avec le climat (océanographes, glaciologues, géographes physiciens, hydrologues, etc.). Lorsqu’il déclare qu’il n’y a pas de réchauffement climatique au motif que « l’année 2008 est la plus froide de la décennie devant l’année 2007 » (C’est dans l’air, 15 décembre 2008), il dénigre les principes même de l’analyse scientifique, omettant volontairement de souligner qu’il s’agit de la décennie la plus chaude jamais enregistrée. Les scientifiques avant leurs interventions écrivent leurs textes, car ils savent que la précision des mots est la pierre angulaire d’une démonstration rigoureuse. Jade Lindgaard l’a démontré, Claude Allègre est hélas coutumier d’imprécisions, d’inexactitudes et autres « grosses ficelles ». Tout chercheur traitant de sujets utiles à l’analyse du climat contribue aux travaux du GIEC. Un scientifique contributeur n’est pas porteur d’un dogme, mais d’études elles mêmes soumises à la controverse. Le travail de l’organisation consiste à agréger et à synthétiser ces différents travaux par l’obtention d’un consensus, par la convergence des résultats. Si Claude Allègre mène des études sérieuses pouvant contribuer aux travaux du GIEC, il sera le bienvenu !

Alors pourquoi en est-on arriver là ? Comment un scientifique reconnu  peut-il se fourvoyer dans une posture le poussant à dénigrer les principes mêmes sa discipline, dont la rigueur et l’honnêteté intellectuelle… ? L’orgueil!

Si les observations de Claude Allègre n’étaient à l’origine pas forcément injustifiées, elles sont devenues obsolètes avec le temps et l’avancée des recherches. Mais reconnaître son erreur est difficile pour un scientifique, qui plus est à l’orgueil hypertrophié. Claude Allègre s’enferre dans un combat quitte à raconter n’importe quoi. Bien que probable futur ministre, il est finalement bien à plaindre...